Papillon noir


Il y avait jadis un buddleia près d’un ruisseau
Et un papillon noir venait s’y étendre
Il était seul maître de son attrayant bateau
Paré de couleurs et de parfums de septembre

Retardataire parmi les flores précieuses
L’étranger au corps dompté de féérie
Illuminait son trône de sa légèreté silencieuse
Ainsi que de son cœur secrètement endolori

Il reniait tant de bonheurs dans les beautés du jour
Que son plaisir ultime se trouvait au crépuscule
Des nuits voilées d’ivresses et de velours
Dans la chaleur estivale du sommet de sa péninsule

L’insecte, si beau soit-il, ne méritait-il pas la liberté ?
Il se barricadait de mensonges et d’illusions
Se complaisant d’incertitude et de lâcheté
Souillé de déshonneur, désormais sans nom.

Puis les fleurs s’estompèrent, peu à peu,
Et leur lueur se dissipa avec les pluies d’automne
Il demeurait parmi elle, tel un dieu
Qui souhaite que d’amour et de vie l’on l’assaisonne.

Songeant sans doute au temps passé
Il déploya ses ailes devenu rouillés tel deux feuilles mortes
Et s’élança vers la lune qu’autrefois il ne faisait qu’admirer
Et salua une dernière fois le buddleia dont il fut l’escorte.

Commentaires

Vraiment très beau...

A vous